Nous sommes arrivés à San Cristobal de Las Casas il y a une semaine par le bus de nuit qui prend des routes toujours aussi sinueuses...Pour l'anecdote, on a voyagé en compagnie d'une alsacienne et d'un savoyard, puis plus tard, dans un bar de la ville, on a croisé une fille de l'esc Reims qui était en Erasmus à Dublin avec Olivier!!! C'est bien la peine d'aller au bout du monde ;-)
Ceci dit, San Cristobal est une ville très dépaysante. On sent vraiment que la majorité de la population est indienne. On apprend que ces indiens descendent directement des mayas. Les visages sont plus typés, les indiennes portent le costume traditionnel : jupe en laine noire, chemises brodées de couleurs vives. Il y a moins de touristes aussi...
On a contacté Darinel, un membre de Hospitality Club qui accepte de nous loger, mais quand on arrive chez lui, il n'est pas là... On laisse nos sacs à la femme de ménage sans trop savoir comment on fera après. On trouve du caldo de res y verduras (bouillon de boeuf et de légumes) et des tortillas au marché (si, c'est bien un petit déjeuner!). On aurait bien pris une douche avant de visiter la ville, parce qu'après le bus de nuit... ça sent le poney !
Après le marché, nous allons visiter le musée créé par l'association Na Bolom. Cette association a pour but de promouvoir la culture des Lacandons. Le mode de vie de cette communauté est économiquement et spirituellement lié à la forêt tropicale. Or leur environnement est aujourd'hui menacé. L'association organise aussi des excursions dans les villages Totziles aux alentours de San Cristobal de Las Casas. Nous réservons un guide pour le lendemain.
On réussit à joindre Darinel. Sa mamá et lui nous accueillent super chaleureusement! On est vraiment gâté avec nos rencontres mexicaines!! On se lance pour nos premiers mots d'espagnol sans filet de secours ( plus personne ne parle français...)! On rigole bien! Leonor (la Mamá) nous prépare des frijoles (fayots) avec des tortillas toutes fraîches. Délicieux!
Darinel et son frère Manuel (ils sont 14 frères et sœurs! ) nous emmènent faire le tour de la ville. On visite plusieurs églises et le musée de l'ambre. A force de croiser des amis à eux au centre ville, une fiesta s'improvise dans une cabaña, petite maison en bois en périphérie de la ville. Le temps d'acheter de la bière et c'est parti! On est une quinzaine, il y a de la musique latino, du posh (la tequila locale), un feu de bois (la température chute de 10 degrés le soir), on s'en sort vraiment pas mal avec notre espagnol! C'est génial! Les heures passent comme rien, on se demande juste comment et à quelle heure on va rentrer vu qu'on doit se lever à 7h le lendemain matin!!
Après une nuit de 2 heures 30 min, il faut se lever et partir pour le tour des villages Totziles. Dur, dur, mais on est super motivé, après tout on est la pour profiter à fond! On a une guide rien que pour nous deux. Elle nous explique qui sont les Totziles et quelles sont leurs coutumes. Elle nous prévient aussi qu'ils sont hostiles aux photos. Le premier village, Zinacantan, est l'occasion de visiter une maison traditionnelle. Contre une petite rémunération, la femme nous fait voir comment elle tisse la laine, nous fait goûter les tortillas assaisonnées à la pepita, de la graine de citrouille pilée.
Lors de la conquête espagnole, au lieu de se convertir au catholicisme, les Totziles ont simplement baptisé leurs dieux avec les noms des saints catholiques et conservés les rites ancestraux. C'est ce curieux mélange que l'on retrouve dans l'église de San Juan de Chamula, le second village que nous visitons. Cette église est une des choses les plus incroyables que l'on puisse imaginer. Il n'y a pas d'office religieux, chacun pratique quand il en a besoin. Il n'y a pas de chaises, les rites se font à même le sol qui est tapissé d'aiguilles de pins. Les indiens allument des centaines de bougies sur le sol et brûlent de l'encens en permanence. Les rites consistent par exemple à se faire passer un oeuf sur le corps pour qu'il absorbe tout ce qui est néfaste. L'œuf est ensuite cassé sur le sol afin de détruire le mal. Ils font la même chose avec des poulets, et à la fin, ils leur cassent le cou!! Tout autour de la nef, des statues de tous les saints sont entourées de bougies et de néons fluos dans un mélange permanent de nature, de mystique et de kitsch. Les touristes sont autorisés à rentrer dans l'église moyennant un droit d'entrée, mais les photos sont interdites. Récemment, des italiens ont voulu jouer au plus malin avec cette règle et ont été roués de coups!!!
De retour chez Darinel on a juste le temps de faire les sacs et de se dire au revoir. Il aurait bien voulu qu'on reste un peu plus. Nous aussi, mais il reste encore plein de choses à découvrir au Chiapas. On prend le bus direction Palenque. On arrive le soir même, et on passe la nuit dans un hôtel super au milieu de la jungle! Le climat n'est pas du tout le même ici. C'est vraiment très humide avec une végétation luxuriante! Le lendemain, départ pour le fameux site archéologique maya, l'un des plus beaux du Mexique! Sur la route, petit racket officiel, avec tickets, barrières, casquettes et tout...Mais on a quand même l'impression que ça marche a la tête du client...
Le site est vraiment incroyable, très grand et en plein milieu de la jungle. On se croirait dans un film d'Indiana Jones!! C'est encore plus impressionnant quand on pense que les 2/3 du site sont encore envahis par la jungle et donc inaccessibles. Il y a de nombreuses pyramides et des édifices colossaux : la pyramides des inscriptions où fut retrouvée la tombe du grand roi maya Pacal, le Palacio avec ses patios, ses coursives et sa tour d'observation astronomique. Il y a aussi quelques européens qui font du yoga en plein milieu du site avec notamment une fille qui prend des positions de Krishna-allumée-youpi-je-plane au sommet de chaque pyramide...n'importe quoi!
De retour a la ville de Palenque assez tôt, on décide d'aller voir les chutes d'Agua Azul qui sont à 1h30 de collectivo (bus local). La route est sportive et les panneaux "disminuya su velocidad" n'ont pas l'air de percuter chez notre chauffeur. On a vraiment eu chaud quand un des panneaux indiquait un effondrement de chaussée et que ce gros c.. n'a rien trouvé de mieux a faire que d'accélérer!!!! On a vraiment failli se prendre le bus qui arrivait en face!
Là encore, avant d'arriver au site, petit racket organisé "pour l'entretien des routes". Vu l'état des routes on peut se poser des questions...Petit hic, il est déjà tard, on est dimanche et il ne faut pas qu'on rate le dernier collectivo. Il faut faire le tour des chutes un peu à la japonaise! Ca n'empêche que c'est très joli! Pour le retour, on monte dans une camionnette comme celles de San Augustinillo (pour ceux qui suivent ;-) ). Résultat, 1h30 de trajet de nuit dans le vent à l'arrière, avec un arbre qui empiète sur la chaussée et avec les innombrables "tope" qui sont en fait les ralentisseurs locaux version "changes tes amortisseurs tous les mois"! Tout mis bout à bout ça nous fait une sacrée journée!!!
On a le trajet en bus du lendemain pour se remettre. Destination Comitán! En effet, la journée en bus est longue et calme. On est quand même choqué parce que le bus passe juste à côté d'un collectivo accidenté. Ca tombe bien, on avait bien besoin d'être rassuré... On se fait une première journée hyper cool à Comitán qui est une petite ville très tranquille. On en profite pour bien manger et se reposer. Aujourd'hui, nous sommes allés voir les Lagunes de Montebello qui sont de ravissantes lagunes au milieu des pins. Ballade très sympa!
Demain on part au Guatemala, et si tout se passe bien, on dormira à Todos Santos, un village indien perdu dans la Sierra de los Cuchumatanes. Bises à tout le monde ! A très bientôt... |