Volontariat : le sprint final

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Bolivie - Potosi
de nous deux, le 10-06-2006

Volontariat : le sprint final

Cette dernière semaine, tout est bien ficelé ; en bon gestionnaires tout frais sortis de l’école de commerce nous avons tout planifié à la minute près (quasi!). Oui, mais voilà, c’est sans compter que nous sommes en Bolivie...

En début de semaine, nous faisons relire et valider le contenu de notre manuel sur les coûts de production et le processus achat par le responsable des unités productives. Tout va bien, il ne nous reste plus qu’à imprimer en couleur et à relier. On passe en fait la journée à remplir les cartouches de l’imprimante avec des seringues géantes pleines d’encre avant de comprendre que le problème vient des bulles d’air à l’intérieur de ces mêmes cartouches. Les bulles sont naturellement dues à la manière peu orthodoxe de les remplir! Bref, on passe deux jours entiers pour imprimer seulement treize exemplaires... la lutte, quoi!

Notre beau manuel fraîchement imprimé, on va le présenter aux unités productives lors d’une réunion planifiée depuis une semaine. Sur plus de quarante personnes, seules cinq se présentent! On est dépités! Pourtant, lors des réunions précédentes, nous avons eu un excellent contact avec chacune des unités. Non, ce n’est pas le problème, c’est juste que certains ont oublié de prévenir leurs collègues, que d’autres sont malades ou se sont trompés d’heure, d’endroit... On ne va pas vous faire la liste, c’est toujours la même! On ne se démonte pas et dès le lendemain matin on rappelle chacune des unités pour prendre un nouveau rendez-vous. Compte-tenu des heures de présence au travail plus qu’aléatoires, certaines sont injoignables... Au final on arrive à les voire presque toutes, même si c’est parfois en plusieurs fois... C’était vraiment important pour nous d'accompagner le manuel d'une petite formation pour qu'il ne reste pas oublié au fond d’un tiroir après notre départ.

Pour agrémenter cette semaine monotone, nous avons aussi droit à un numéro incroyable de la propriétaire de l’hôtel. Alors que nous y logeons depuis trois semaines, celle-ci reprend la gestion de l’hôtel jusqu’alors laissée à une gérante très sympa. Le lendemain de son arrivée, il n’y a plus que de l’eau chaude de 11h à 12h parce qu’elle refuse de payer plus de gaz et, contrairement à ce qu’elle nous avait affirmé la veille, notre accord sur le prix ne lui convient plus. Pour finir, elle nous parle comme à des chiens lorsqu’on vient lui faire la moindre remarque. En une nuit, elle réussit à nous faire fuir après une engueulade monumentale (en espagnol svp!) et la promesse que le Routard et le Lonely Planet seraient mis au courant de notre mésaventure. Le lendemain on apprend qu’elle nous accuse d’avoir cassé la vitre de la chambre. Incroyable! Au final, on va dans un hôtel à deux rues de là. Rien de grave donc, mais on avait pas vraiment besoin de ça pour remplir la semaine.

Le vendredi, pour finir en beauté, nous avons prévu un grand repas avec toute l’équipe du Cenposep. Au menu, qinoa, caldo Potosiño, charque kan (viande de lama séchée), gratin dauphinois et gâteau au chocolat (spécial "pas cuit dedans, craquant dehors"). On a commencé à cuisiner à 9h30 et on a finit de manger à 16h! Tout était délicieux et les spécialités françaises ont trouvé leur public. C’était parfait pour terminer notre mois à Potosi avec l’équipe très sympa du Cenposep.

Nous repartons avec de petits cadeaux mais surtout avec une expérience extrêmement riche de tout point de vue. Notre volontariat ici a répondu à nos attentes. En effet, même si ce n’est que pour un mois, nous sommes passés au-delà de notre simple vision de touristes pour partager le quotidien des gens du Cenposep. Premier constat : vivre à Potosi est dur. Au froid s’ajoute le manque d’air qui affecte tout le monde (même ceux qui y sont nés) et rend le moindre effort épuisant. La deuxième chose est que nous avons réalisé à quel point les habitudes de travail peuvent être différentes. Nous avons aperçu les difficultés de travailler dans un pays où l’organisation, la rigueur et la ponctualité sont tout sauf des choses normales et ne font absolument pas partie de la culture locale. Malgré cela, l'équipe du Cenposep n’abandonne ni ne se décourage jamais, elle va toujours de l’avant et c’est vraiment impressionnant. Finalement, ce qui nous aura le plus marqué, c'est l’énergie déployée par cette organisation pour sortir les gens de la pauvreté, de la misère, de la maladie et de l’ignorance malgré les difficultés quotidiennes.

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