On a bien cru qu’on n’arriverait jamais en Argentine! Pour une fois qu’on devait être à une date précise dans un endroit donné, on peut dire qu’on a eu toutes les merdes possibles... On vous a déjà raconté les galères dues aux blocages routiers à Uyuni. Finalement, ce n’était qu’un début à nos folles aventures.
Dès notre arrivée à Tupiza, nous achetons notre billet de bus pour la frontière, départ 4h du matin. Juste avant de se coucher, la réception de l’hôtel nous fait passer un message de la compagnie de bus : notre voyage du lendemain est annulé! Il paraîtrait qu’il y a des bus vers 3h du matin ; on décide donc de se rendre au terminal au pif... On se lève en pleine nuit et, coup de bol, un bus part dans les 10 minutes.
On était déjà un peu en stress quant au passage de la frontière Bolivie-Argentine suite aux récits de plusieurs agressions et vols par de faux policiers qui vous réclament votre passeport pour mieux vous piller ensuite. Après 2h30 de bus, on arrive au village frontière ; il ne nous reste plus que 500 mètres à faire avant la douane bolivienne. Une femme nous rassure en nous prévenant qu’il y a beaucoup de voleurs et de truands dans le coin. De toute façon, on n’a pas trop le choix, il faut y aller! On est bien chargé, on essaie de presser le pas au maximum... On arrive à la douane sans encombres, ouf! Mais on est encore en Bolivie, il ne faut pas rêver, les douaniers sont à la bourre. On les attend plus d’une demie-heure dans la nuit glaciale, on ne sait plus quoi faire pour se réchauffer. Un micro-tampon officiel plus tard, on traverse le pont du Rio La Quiaca ; c’est vraiment un moment glauque et digne d’un échange de prisionniers soviétiques. C’est en-dessous de ce pont qu’a lieu le commerce de contrebande : cocaïne, faux-billets et autres contrefaçons... Autant vous dire qu’on ne s’est pas arrêté pour y observer le paysage!
De l’autre côté du pont, encore des bureaux fermés, toujours ce froid glacial... Mais un autre problème se rajoute : la fouille de la douane. Ça tombe bien, on avait prévu de ramener des feuilles de coca en France! On n’a pas pensé que ça pouvait poser un souci pour le passage en Argentine. Ben oui, on n’a pensé à rien... Les petites quantités sont normalement tolérées mais on a la trouille quand même. Le douanier demande justement à fouiller le sac où on a mis la coca. On fait mine de rien... Par mesure de sécurité, on a cadenassé tous nos sacs ; vu le temps que ça nous prend de retrouver les clés, le douanier laisse tomber, ouf! Après un bon petit-déjeuner, on prend le bus pour Salta, capitale du nord-ouest argentin, en se disant que les aventures sont terminées. En fait on se fait contrôler par la police puis la douane à 50km de la frontière ; nous, on commence à avoir chaud, on se dit qu’on n’arrivera jamais à Salta... Heureusement, ils se fient à nos bonnes têtes de touristes et ne fouillent pas nos sacs. Tout est bien qui fini bien! Et c’était pas gagné d’avance... On vous rassure, on ne va pas forcer la chance ; les feuilles de coca sont restées dans la poubelle de la chambre d’hôtel à Salta! |